Une étude de 2026 montre que les combinaisons populaires réduisent le gain espéré dans une loterie pari-mutuelle : le prix est partagé entre plus de gagnants.
Les combinaisons populaires rapportent-elles moins quand elles gagnent ? Oui : dans une loterie pari-mutuelle, une combinaison très jouée réduit le gain espéré, parce que le prix est partagé entre plus de gagnants. Une étude de 2026 de Parker, Albuquerque et Bart, publiée dans le Journal of Marketing, l'observe sur les données de la loterie de Californie. La popularité agit sur le partage du prix, jamais sur la probabilité d'être tirée : toutes les combinaisons ont exactement la même probabilité.
L'étude : la Californie et le pari-mutuel
Les auteurs sont Paul Parker, Paulo Albuquerque et Yakov Bart. Leur article, « Not Just Bad Luck: Income-Based Gaps in Lottery Losses » (« Pas seulement de la malchance : les écarts de revenus dans les pertes aux loteries »), est paru en ligne le 16 mars 2026 dans le Journal of Marketing (volume 90).
Ils ont travaillé sur des données de marché et des données au niveau des transactions de la loterie de Californie. Cette loterie fonctionne en système pari-mutuel : les gains dépendent du nombre de gagnants, car chaque prix est partagé entre eux. La California Lottery publie d'ailleurs ces gains calculés en pari-mutuel à chaque tirage de Mega Millions, et ils diffèrent des montants fixes affichés ailleurs.
Le point de départ est connu : les joueurs à revenus plus faibles consacrent une plus grande part de leurs revenus aux billets de loterie. L'étude cherche ce qui se cache derrière leurs pertes.
Comment la popularité réduit le gain espéré
Le mécanisme tient en une phrase : la popularité d'une combinaison joue sur le partage du gain, jamais sur sa probabilité d'être tirée.
Prenons un exemple chiffré, purement illustratif. Un prix de 1 000 000 $ gagné par une seule grille revient en entier à son joueur. Si la même grille a été jouée par quatre personnes, chacune reçoit 1 000 000 ÷ 4 = 250 000 $. La combinaison est sortie avec la même probabilité dans les deux cas. Seul le nombre de personnes qui se partagent le prix a changé.
Pour mémoire, la probabilité de remporter le jackpot du Powerball est de 1 sur 292,2 millions, et celle de Mega Millions de 1 sur 290 472 336. Ces probabilités ne dépendent pas de la combinaison choisie.
Ce que l'étude trouve : environ 7 % de pertes en plus par billet
Selon les auteurs, les joueurs à revenus plus faibles perdent davantage par billet pour deux raisons liées. Ils utilisent moins souvent les générateurs aléatoires, et ils « favor popular number combinations » (ils favorisent les combinaisons de numéros populaires). Ces comportements, combinés au système pari-mutuel, font baisser leur gain espéré.
D'après les simulations de l'étude, ces facteurs entraînent environ 7 % de pertes supplémentaires par billet pour ces joueurs, soit près de 3 millions de dollars par an en Californie.
L'étude teste aussi d'autres formats de jeu : prix fixes hors jackpot, sélection aléatoire obligatoire, jackpots de type tirage au sort avec des cotes décroissantes. Selon les auteurs, ils peuvent réduire jusqu'à 60 % les écarts liés aux revenus.
Ce que l'étude ne dit pas
Le titre de l'étude parle d'écarts de revenus, pas d'une règle générale sur toutes les combinaisons populaires. La popularité est l'un des facteurs mécaniques de ces écarts. Elle ne dit pas non plus pourquoi ces joueurs choisissent leurs numéros : elle constate seulement, selon les auteurs, qu'ils favorisent plus souvent des combinaisons populaires. L'étude ne promet aucune méthode pour gagner.
Le lien avec les données agrégées de Wisenum
Wisenum estime la popularité des combinaisons : combien de joueurs ont pu choisir une grille proche, donc le risque de partager un gain. Un motif bien connu est celui des dates d'anniversaire, qui concentrent les choix sur les numéros de 1 à 31 (les motifs que les joueurs favorisent).
Pour le Powerball, l'analyse de popularité de Wisenum couvre 1 412 tirages, du 7 octobre 2015 au 7 octobre 2026. Elle donne :
- un indice de popularité de 88 pour les combinaisons sans aucun numéro de 1 à 31 ;
- un indice de popularité de 153 pour celles qui n'ont que des numéros de 1 à 31 ;
- un rapport de 1,73 entre ces deux extrêmes (intervalle à 95 % : de 1,64 à 1,83).
Autrement dit, une grille faite uniquement de numéros de 1 à 31 est estimée environ 1,73 fois plus jouée qu'une grille sans aucun d'entre eux. La probabilité de tirage, elle, reste la même. Ce sont des estimations : elles portent sur les cinq numéros principaux, et les effets de la boule Powerball ne sont pas validés. Source : Wisenum Powerball popularity model, 2026, page Méthodologie.
Ces données sont agrégées. Elles ne disent rien d'un joueur en particulier, et elles ne reprennent pas les résultats de l'étude californienne : elles décrivent la même mécanique de partage, observée sur un autre jeu.
Que faire de ces informations ?
Rien n'oblige à changer ses numéros. Chacun reste libre de jouer ceux qui lui plaisent, et la probabilité ne dépend pas de ce choix. Ce que l'étude montre, c'est que le choix a un effet sur la part de gain en cas de victoire.
Ceux qui le souhaitent peuvent garder leurs numéros favoris et les compléter avec d'autres, pour obtenir une grille que moins de gens jouent. Le générateur aléatoire, lui, ne dépend d'aucune préférence personnelle : l'étude relève que les joueurs à revenus plus faibles y recourent moins souvent. Dans tous les cas, on agit sur le partage d'un éventuel gain, pas sur le fait de gagner.
À retenir
Dans un jeu pari-mutuel, une combinaison très jouée rapporte moins quand elle sort, parce que le prix est partagé entre plus de gagnants. Toutes les combinaisons ont la même probabilité d'être tirées : la popularité agit sur le partage du gain, jamais sur la probabilité d'être tirée. L'étude de Parker, Albuquerque et Bart y voit l'une des causes des pertes supplémentaires des joueurs à revenus plus faibles, environ 7 % par billet selon leurs simulations californiennes.
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Questions fréquentes
Pourquoi les combinaisons populaires rapportent-elles moins quand elles gagnent ?
Dans une loterie pari-mutuelle, le prix se divise entre tous les gagnants. Si beaucoup de joueurs ont choisi la même combinaison et qu'elle sort, le gain se partage entre plus de personnes. Par exemple, un prix de 1 000 000 $ pour un seul gagnant devient 250 000 $ chacun si quatre personnes l'ont jouée. La combinaison n'est pas tirée plus ou moins souvent : seul le nombre de gagnants réduit la part de chacun.
La popularité d'une combinaison change-t-elle sa probabilité d'être tirée ?
Non. L'étude montre que la popularité joue sur le gain espéré en cas de victoire, jamais sur la probabilité d'être tirée. Toutes les combinaisons, populaires ou non, ont exactement la même probabilité. Pour le Powerball, cette probabilité est de 1 sur 292,2 millions pour chaque grille, quel que soit le choix des numéros.
Quel est le lien entre l'étude de Parker et les données de Wisenum ?
L'étude utilise des données californiennes pour montrer comment la popularité réduit les gains. Wisenum estime la popularité des combinaisons sur d'autres loteries, comme le Powerball : une grille composée uniquement de numéros de 1 à 31 (comme les dates d'anniversaire) y est estimée environ 1,73 fois plus jouée qu'une grille sans aucun de ces numéros. C'est la même mécanique de partage, mesurée sur un autre jeu.
Que peuvent faire les joueurs face à ces informations ?
Rien n'oblige à changer ses numéros. Si vous le souhaitez, vous pouvez garder vos numéros favoris et les compléter avec d'autres pour obtenir une grille que moins de gens jouent. L'étude note aussi que les joueurs à revenus plus faibles utilisent moins souvent le générateur aléatoire. Dans tous les cas, on agit sur le partage d'un éventuel gain, pas sur le fait de gagner.
Chaque combinaison valide a la même probabilité d’être tirée. Wisenum ne prédit pas les numéros gagnants.



